Tlemcen cité des arts et de l'histoire

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Noms des grandes familles de Tlemcen

tlemcenia

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9 messages postés


Posté le : 17/10/2005 à 21:52 (Lu 22145 fois)
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Commentaire :  Si j'en ai oublié n'hésitez pas à m'en informer.


Lachachi
Kerzabi
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H'sisen
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Kara Turki
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Ben Hadji
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Kara Slimane
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Bendi Mred
Benyelles
Taleb
Ziani (qui sont selon mes sources des déscendants des rois zianides)
Loudjedi



Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [935]

Invité(e)




Posté le : 18/10/2005 à 12:02 (Lu 22139 fois)
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Que de Noms...dits !..


Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [936]

-Lalla séti-




Posté le : 18/10/2005 à 12:13 (Lu 22136 fois)
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Existe t-il un tribalisme Tlemcénien et il date de quel siècle?

Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1002]

-mokh-




Posté le : 25/10/2005 à 00:38 (Lu 22098 fois)
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ON NE PEUT MENTIONNER LES FAMILLES SETTOUTI, KORSO,sans pourtant oublier , d'authentiques tlemcenniens, dont les noms sont BENGOUFFA ou BNABADJI, HADJ SLIMANE, BENDI MERED, et tant d'autre............!!!!!

Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1003]

Invité(e)




Posté le : 25/10/2005 à 00:40 (Lu 22120 fois)
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il n'existe aucun tribalisme tlemcennien, mais il existe une appartenance à un idéale à une ethique et à une civilisation , que ceux qui se retrouvent seront considéré comme tlemcenniens

Re nom de Tlemcen [1004]

Invité(e)




Posté le : 25/10/2005 à 09:09 (Lu 22112 fois)
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Citation
il existe une appartenance à un idéal à une ethique et à une civilisation
Question de gênes alors?
Mystérieux chromosome tlemcénien: Qu'as-tu fais de tes reines?


Re: Re nom de Tlemcen [1005]

-Machi Marouf-




Posté le : 25/10/2005 à 09:31 (Lu 22111 fois)
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Les fantômes de l'Identité",
Préface de M.Nadir Marouf

En dehors de la grande amitié qui me lie à Mourad Yelles depuis bien longtemps, c'est un plaisir profond que j'éprouve, en même temps qu'un honneur et un privilège, à préfacer son livre qui est à la fois un essai et une enquête. Dans le même temps, je me retrouve devant un véritable dilemme : cette ½uvre s'inscrit d'emblée dans une trame littéraire, même si cette trame est assortie de fréquentes synthèses socio-historiques. Si l'écriture est littéraire, l'arrière-plan «eidétique» pour parodier Husserl est anthropologique. Pour avoir longtemps fréquenté feu Jacques Berque, tout au moins ses travaux, j'ai déjà eu l'occasion d'apprécier cet entre-deux subtil du dire où se conjoignent l'essai et la chronique, la verbalisation de l'intemporel et de l'historicité du lieu, de l'action et du groupe, la synchronie enveloppée dans un topos romanesque condensé et la perspective diachronique scrutant le moindre événement pris comme signe des temps.
Mais alors en quoi consiste le dilemme ? Il s'agit pour moi de faire écho à cette double démarche. Je dois pourtant, non sans regrets, abandonner l'une pour mieux servir l'autre. Il s'agit des enjeux anthropologiques, à cycle long (comme dirait Georges Gurvitch) de ce travail et de ce qui en constitue le n½ud gordien, le maître-mot, celui de «métissage». Un mot longtemps voué aux gémonies, à la maltraitance eu regard à la connotation raciale et à un inconscient collectif travaillé par une normativité biblique celle, entre autre, du «peuple élu» reconduite dans les chansons de geste, de Roland à Hiziya(1), au moins à l'échelle du monde méditerranéen et bâtissant au quotidien nos «intimes convictions» les plus anodines … L'idée de métissage renvoie à des partitions de l'ordre et du désordre, du pur et de l'impur, du central et du périphérique, du légitime et de l'illégitime. Une dyade multidimensionnelle, tout à la fois syncrétique et archétypale.

Il m'a été donné, au cours de cette dernière décennie, de réfléchir avec quelques amis, autour de la pratique musicale pour le moins, sur la pertinence paradigmatique de la norme et de la marge. Je pense que la question du métissage est justiciable du même traitement paradoxal en vertu duquel l'impur, le marginal, l'hétérodoxe, le subalterne, etc. entretiennent un rapport quasi-fonctionnel avec les catégories antinomiques respectives et que, dans la dynamique sociétale, c'est-à-dire dans la longue durée historique, ce rapport s'avère irréductible dans les faits par delà les vulgates et les préjugés ambiants. Mais il y a une différence épistémologique de taille entre le concept de métissage comme mouvement de l'identité et le concept de normalité-marginalité. Dans le dernier cas, la figure hiérarchique peut être appréhendée comme principe de réalité, ne serait-ce qu'au plan statutaire, matériel (toute appréciation normative étant ici exclue). Or, dans le métissage, l'archétype normatif finit à terme par se diluer dans une acception métaphysique, car elle ne donne lieu à aucun renvoi implicite à l'époque de la traite africaine, à l'esclavage dans les anciennes colonies. Le terme vaut pour des situations de «mélanges» entre cultures, religions, idéologies, et autres formes de mixité sans que ces vis à vis soient vécus sur le mode de la primogéniture, de la préséance, voire de la qualification-disqualification, en tous cas pas de façon rédhibitoire. La mixité dans le métissage peut être vécue sur le mode d'une altérité idéelle prête à surmonter la difficulté à en appeler à l'effort, à assumer la complexité à mettre ensemble des choses qui, habituellement, sont séparées, enfin à accepter la douleur de l'enfantement.

Il ne s'agit pas d'un acte sacrificiel qui consisterait à couper le cordon ombilical qui nous lie aux ancêtres éponymes, ni d'un rite initiatique de reniement des siens, ni d'une posture renégate qui aurait condamné Job et les prophètes du Livre, mais d'une démarche lucide, séculière, consciente, reconnue, et assumée comme étant de nature à forcer un tabou, à se distancier de cet aimant que constitue le «cerveau collectif», comme dirait Gramsci, tout en se reconnaissant des siens. Cette démarche ne peut être, pour l'heure, vraisemblablement que celle d'une certaine élite. Au delà de son caractère humaniste, voire universaliste, cette posture se doit d'affronter les tendances lourdes constitutives de la morphologie sociale maghrébine. Toute fusion avec l'autre catégoriel, l'autre lignager, semble, si l'on en croit les spécialistes de la segmentarité, condamnée à n'être qu'un court moment qui, comme le rocher de Sisyphe, sans cesse roulé tend à revenir, sur la longue durée, à son point d'inertie. Ce combat déterminant fut signalé par le Ibn-Khaldoun de la ‘açabiya(2) bien avant Robertson Schmidt, Evans Pritchard et Ernest Gellner. Et pourtant l'histoire est tenace. Elle en dit plus long sur les audaces des hommes que la temporalité «froide» des cycles et que nos jugements de valeur au quotidien que l'on croit bâtis sur un roc.

Tout jeune, je fréquentais une plage familiale du nom de Sidi-Youchaâ (Sidi Josuah). Les autochtones affirment que ce n'est pas un simple marabout mais qu'il s'agit d’un prophète des Bâni Isra'îl qui fut enterré dans cette plage. Son mausolée se trouve au milieu de la mosquée qui porte son nom. Le m'qaddam(3) Moh' Tahar, alors quasi-centenaire, me racontait au début des années 70 que, jusqu'à la veille de la seconde Guerre Mondiale, la communauté juive venait d'Oujda, de Tlemcen, d'Oran et même de Marseille et d'ailleurs, en pèlerinage au cours du mois d'avril. La mosquée des musulmans se transformait alors, pendant trois jours, en un lieu de culte juif. Les pèlerins étaient hébergés, nourris et protégés jusqu'à leur départ. Ce rituel convivial dure depuis la nuit des temps. Mais ce n'est là qu'un exemple banal, car les rives de la Méditerranée méridionale regorgent de ces pratiques syncrétiques. Il est certes plus facile d'admettre de telles pratiques dans la mesure où, malgré tout, le texte coranique prête allégeance jusqu'à un certain point aux prophètes antérieurs. Mais la chose est plus insidieuse sur le registre temporel. En effet, ce qui dans l'ordre canonique, est «re-connu», socialisé et perceptible dans et par le rituel, relève, dans les choses du temporel, du non-dit et d'une ambiguïté latente. Qu'on me permette de poursuivre ici mon propos par trois anecdotes, non pour elles mêmes, mais pour leur valeur heuristique.

Au tout début de la guerre de libération nationale, dans le faubourg d'Agadir au nord de Tlemcen, un groupe de djounoud(4) fit intrusion dans une maison où un orchestre andalou exécutait une nouba(5) face à un public convié à une soirée de mariage. Ordre fut donné d'interrompre la musique et de faire en sorte que la cérémonie nuptiale continuât sans bruit. Le motif invoqué était que le «temps n'était plus aux réjouissances» … Le lendemain, sur la place de la Grande Mosquée, les commentaires en privé allaient bon train sur l'impression recueillie par les témoins de la fête ratée. Pour la première fois, on avait vu «de vrais moudjahidîn en chair et en os. Ils étaient beaux, dans des tenues de vrais soldats. On aurait dit des n'çâra(6)».

Une autre anecdote remonte à la fin des années 1940. Mon père, alors architecte de profession, fréquentait un groupe d'amis d'enfance, notamment le dimanche, en les retrouvant au café Glacier, à la Place des Victoires de Tlemcen (Blâs al-Khâdem, pour les intimes). Fils unique, j'étais choyé par mon père qui ne manquait pas de m'inviter à l'accompagner en ville. J'acceptais d'autant plus volontiers que j'y trouvais plaisir à commander, comme un grand, un café-crème avec une brioche … D'un dimanche à l'autre, les discussions passaient du commentaire sur la météo, au prix des légumes sur le marché du Medres, ou encore, à la rubrique des décès, mariages et divorces survenus dans la semaine. Je sentais mon père quelque peu mal à l’aise dans ce débat où, visiblement, il n'avait pas grand chose à raconter. Il se sentait un peu marginal car toujours "décalé" par rapport à l'"ordre du jour" consensuellement adopté. Un jour, il rompit le "ronron" dominical en annonçant à ses compagnons qu'il était en train de réfléchir à un projet d'invention. Il s'agissait d'un miroir catadioptre concave conçu pour réguler les feux de croisement et pouvant même servir de balise pour les atterrissages nocturnes sur des pistes sans signalisation. Cette annonce provoqua une pluie de plaisanteries tendant à le ridiculiser, l'objectif étant qu'il «revienne sur terre». J'éprouvais un sentiment de honte vis-à-vis de mon père dont la marginalité m'apparaissait comme un handicap rédhibitoire. Je me sentais comme "contaminé" moi-même, dans la mesure où, contradictoirement, je me percevais dans le regard des autres comme l'inventeur hypocondriaque.
Or en 1955, un article dans Le Petit Tlemcénien(7) faisait écho à un journal métropolitain, dans lequel on relatait une invention venant d'être brevetée à l'Institut National de la Protection Industrielle de Paris. L'auteur en était tlemcénien, un certain Marouf Rachedi Omar ... Retournement de situation ! Durant toute la semaine qui suivit la parution de l'article, la demeure paternelle devint un lieu de pèlerinage, et mon père un vrai marabout. Car l'innovation, quand elle cesse d'être perçue comme transgression à la norme sociale, ne peut être sanctionnée positivement que dans le registre de la licéité. Seul un cherif(8) ou un m'rabet(9) est capable d'une telle mu‘jiza(10) … Au-delà de ce paradoxe qui en dit long sur la sécularisation de notre société, on voit que le passage de la disqualification à la qualification, de l'interdit (haram) – souvent associé au propos hors norme, blasphématoire (kûfr) à la chose reconnue comme légitime (dans l'ordre de la licéité), passe par un «bouc-émissaire positif», si je puis oser cette expression. Il s'agit précisément du rûmi(11), qui est, d'un côté, chargé d'une double tare rédhibitoire, celle de l'étranger canonique et de l'intrus colonial qu'il convient de combattre, et d'un autre côté, investi ô paradoxe ! du sceau de l'authentification. C'est alors la seule instance crédible pour réhabiliter ce qui, voué à la sanction populaire autochtone, ne pouvait s'affranchir ni de la culpabilité de s'être tenu hors du groupe (‘âmma) ni, le cas échéant, de l'égarement pathogène qui n'est justiciable d'aucune commisération.

La dernière anecdote est plus récente. En 1968, je commençais ma carrière à l'Université d'Oran. En tant que jeune assistant, j'avais été invité par des magistrats qui gardaient le contact avec tous ceux qui, comme eux, avaient séjourné au Maroc pendant la guerre d'indépendance algérienne. Pour la plupart, ils étaient interprètes civils et constituaient le premier "staff" recruté pour occuper en Algérie les postes de commande au sein des tribunaux. C'était une espèce d'aristocratie nouvellement constituée. Les vieilles solidarités de l'exil se reproduisaient sur le terrain algérien, bien au-delà de l'indépendance. Ce réseau se reconstituait ainsi en s'alliant à d'autres factions et en élargissant leur cercle. Ce jour-là, j'étais donc invité et j'avais à me retrouver dans ce milieu de magistrats qui étaient le reflet de la "raison d'Etat", mais qui se trouvaient pas eux-mêmes directement mais leurs parents, leurs alliés, leurs enfants (parce qu'il faut distribuer le travail) à la tête d'entreprises ou d'affaires commerciales relativement importantes. J'avais par conséquent à faire à des gens qui avaient un pied dans l'ordre judiciaire et l'autre dans les "affaires" ou dans le commerce et l'industrie.
Cette communauté invitait quelques «intellos», universitaires et médecins. La discussion allait bon train sur la question de la religion. Ils estimaient que le pouvoir politique ne faisait pas assez son travail pour ce qui concernait l'ordre social régnant dans les villes. Ils trouvaient que leurs filles «se faisaient souvent agresser dans la rue par des voyous», que «l'esprit religieux n'était pas de mise» et que le pouvoir politique «s'en fichait royalement». Alors, pensaient-ils, plutôt que de parler de «réforme agraire» – qui était déjà dans l'air du temps : à l'époque, on parlait abondamment de sa «Charte»-, le pouvoir «ferait mieux de s'occuper de la bonne morale». Ainsi, attitude conservatrice (protection de la famille, de l'ordre moral) et prise de position contre l'Etat (dont ils étaient paradoxalement les dépositaires dans la mesure où le pouvoir judiciaire est partie constitutive de l'Etat, du moins dans le cas des institutions «socialistes» algériennes) se combinaient ici. Il s'agit là du premier scénario : affirmation d'une identité, d'une espèce de «personnalisme musulman» se réclamant de l'ordre, de ce qui réfère au conservatisme et à la tradition.
Pendant ce temps-là, le couvert était mis et on se trouvait face à une topologie culinaire digne de chez Maxim's ! Il y avait toute sorte de verres (y compris le verre à vin) et d'accessoires de table, toute la panoplie d'un couvert que l'on aurait pu retrouver dans un restaurant de grand standing à Paris. Tout laissait croire que nous étions conviés dans le cadre d'une commensalité à l'occidentale. Or, c'était une simple "mise en scène" puisque le maître des lieux changea tout cela au dernier moment, comme s'il s'était trompé ou qu'il avait changé de "cap" : il remit une nappe quelconque sur laquelle on déposa un méchoui que nous fûmes invités, en définitive, à apprécier sous sa forme la plus familière.
J'ai retenu de cet épisode la chose suivante : d'un côté, on voulait affirmer l'attachement à la tradition, mais, en même temps, on tenait à un certain ordre, à un certain modèle de consommation qui était le modèle occidental. La personnalité des convives s'exprimait aussi bien par le chapelet que l'on tenait à ma main que par l'"attaché-case" qui mettait en relation avec un Occident consumériste et hédonistique, l'Occident de l'«avoir» et non celui de l'«être». A l'image d'«Abraham et les locomotives» expression de Jacques Berque -, la pratique est ici pensée comme ambivalence, cumul ou panoplie, mais n'est pas érigée en synthèse. En fait, il n'y a jamais eu de synthèse élaborée théoriquement. D'un point de vue historique, cela reste encore à faire, même chez les Réformistes …

Ces trois anecdotes constituent une sorte de "troïka", pour faire un clin d'½il à Georges Dumézil à propos de la «trifonctionnalité du mythe indo-européen». Autrement dit, elles font apparaître trois figures paradigmatiques. La première porte sur la vertu guerrière, la seconde sur le statut du savoir, la troisième sur celle de la norme éthique. Leur caractère triadique ou trilogique tient de ce qu'elles fonctionnent suivant un système de validation binaire. Nous avons d'une part, dans l'ordre canonique, un métissage culturel enveloppé dans le rituel qui n'exige aucun effort personnel, aucun ijtihad(12) séculier. Il relève du syncrétisme ordinaire, voire passif. Ainsi, la judaïté (suggérée dans la première anecdote) est socialisée par l'imprégnation coranique. Elle laisse entière l'ambiguïté des positions arabes contemporaines qui, au delà des pétitions de principe à l'égard de la légitimité de l'Etat hébreu, prennent fait et cause pour l'épopée biblique des tribus d'Israël conduites par Josuah pour fonder Israël sur les terres de Canaan, et conséquemment, pour l'éradication violente des Cananéens chassés de leurs terres au nom de la morale et de la religion. Les fils de Canaan ne sont autres que les Palestiniens d'aujourd'hui. Les côtes nord africaines ont servi de terre d'exil à quelques uns d'entre eux. Aujourd'hui, l'approche temporelle de la question palestinienne et l'approche canonique ("biblique" versus "coranique") sont posées séparément, d'où l'ambiguïté récurrente et le tabou, peut-être inconsciemment vécu à son endroit par le monde musulman.
Le deuxième registre, que j'ai qualifié de séculier, relève d'une ambiguïté non reconnaissable à l'½il nu, si je puis dire. Elle est structurante, archétypale. Mais dans l'un ou l'autre cas, la différence entre l'ordre canonique et l'ordre temporel s'estompe au profit d'une double convergence : celle de l'inconscient collectif qui travaille les comportements individuels et celle du caractère sacré des normes et valeurs au nom desquelles se fondent nos croyances et nos jugements. Cette sacralité surplombe le religieux, pris comme modalité certes majeure des pratiques sociales.

Le métissage est donc ici quelque chose qui recouvre à la fois nos pratiques, nos croyances et notre histoire profonde. La différence réside dans la prise de conscience ou non du fait lui-même. Ceux qui s'alimentent du mythe de la pureté catégorielle sont condamnés à n'avoir rien d'autre à offrir à l'humanité qu'une idéologie, un dogme, et une pensée autistique et a-temporelle. Quant aux autres, ils se situent soit dans la position de reconduire le métissage dans une fonction rituelle, c'est-à-dire de manière passive, soit dans la position critique d'en tirer substance pour l'avenir. Ces derniers sont seuls aptes à résister au poids des préjugés et des tabous. Est-ce l'élite d'aujourd'hui ? Probablement. Espérons néanmoins que ce cercle minoritaire gagne en profondeur les couches populaires de nos sociétés, qui sont, par ailleurs, plus perméables au changement qu'il n'y paraît.

Le mérite du livre de Mourad Yelles est de nous imprégner à la fois de la complexité du «fantôme identitaire» et de l'impérative nécessité de le déconstruire pour reconstruire notre "être-au-monde" autour du «métissage», une réalité refoulée de nous-mêmes, sur nous-mêmes, et qu'il va falloir prendre à bras le corps afin de nous réconcilier avec nous-mêmes d'abord, pour être ensuite au rendez-vous avec l'histoire en train de se faire.

Nadir Marouf
Professeur des Universités

Notes:
(1). Nom d'un célèbre poème épique de Mohammed Ben Guitoun (Sidi Khaled, région de Biskra, fin du 19ème siècle).
(2). Littéralement «esprit de corps», sentiment d'appartenance communautaire.
(3). Vicaire et gardien de la mosquée.
(4). Littéralement «militaires». Combattants de la guerre de libération nationale. Aussi appelés moudjahidîn.
(5). Suite musicale composée de différents mouvements et intégrant des parties chantées sur des poèmes d'origine ou d'inspiration maghrébo-andalouse.
(6). Etymologiquement des «Nazaréens», dans le sens commun d'«Européens».
(7). Nom d'un journal local.
(8). Noble, descendant de la lignée du Prophète.
(9). Originairement, «religieux d'un couvent fortifié». Par extension, personne appartenant à la noblesse religieuse non chérifienne ou à la descendance d'un saint personnage.
(10). Miracle innovant.
(11). Littéralement, «Romain» (au sens de «Chrétien byzantin»). Plus généralement «Européen».
(12). Effort exégétique à partir de la doxa musulmane (Coran et sûnna).

Ce texte est extrait de l'ouvrage "Les fantômes de l'identité" à paraître en Algérie de Mourad Yelles.
Article rédigé par M. Nadir Marouf, le 20/10/2004


Re: Re nom de Tlemcen [1017]

Invité(e)




Posté le : 26/10/2005 à 02:30 (Lu 22106 fois)
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Citation : -Machi Marouf-
Les fantômes de l'Identité",
Préface de M.Nadir Marouf

Le métissage est donc ici quelque chose qui recouvre à la fois nos pratiques, nos croyances et notre histoire profonde. La différence réside dans la prise de conscience ou non du fait lui-même. Ceux qui s'alimentent du mythe de la pureté catégorielle sont condamnés à n'avoir rien d'autre à offrir à l'humanité qu'une idéologie, un dogme, et une pensée autistique et a-temporelle. Quant aux autres, ils se situent soit dans la position de reconduire le métissage dans une fonction rituelle, c'est-à-dire de manière passive, soit dans la position critique d'en tirer substance pour l'avenir. Ces derniers sont seuls aptes à résister au poids des préjugés et des tabous. Est-ce l'élite d'aujourd'hui ? Probablement. Espérons néanmoins que ce cercle minoritaire gagne en profondeur les couches populaires de nos sociétés, qui sont, par ailleurs, plus perméables au changement qu'il n'y paraît.



Nadir Marouf
Professeur des Universités






Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1043]

Invité(e)




Posté le : 30/10/2005 à 22:10 (Lu 22096 fois)
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Citation : -mokh-
ON NE PEUT MENTIONNER LES FAMILLES SETTOUTI, KORSO,sans pourtant oublier , d'authentiques tlemcenniens, dont les noms sont BENGOUFFA ou BNABADJI, HADJ SLIMANE, BENDI MERED, et tant d'autre............!!!!!


Je les ai mis!!!

Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1047]

-Trés petit Tlemcéni

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Posté le : 31/10/2005 à 09:10 (Lu 22093 fois)
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Vous établissez la nomemclature des familles Tlemcéniennes?: Il manque plus de la moitié ...ils ont immigrés ? Ils ne sont pas des moindres pourtant: souvent l'arbre cache la forêt ...
Chkoun Flane ou Faltane ?




Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1057]

tlemcenia

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Posté le : 03/11/2005 à 20:24 (Lu 22085 fois)
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Citation : -Trés petit Tlemcéni
Vous établissez la nomemclature des familles Tlemcéniennes?: Il manque plus de la moitié ...ils ont immigrés ? Ils ne sont pas des moindres pourtant: souvent l'arbre cache la forêt ...
Chkoun Flane ou Faltane ?




J'en ai oublié surment!! Je ne les connais pas toutes! Si vous en connaissez donner moi des noms!!

Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1455]

immigrée

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Posté le : 31/03/2006 à 23:27 (Lu 21791 fois)
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EN TOUT CAS AU VU DE LA LISTE DES NOMS ENUMERES CERTAINS SONT D'ORIGINE ETRANGERES (TURCS PAR EXEMPLE)

Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1475]

tlemcen13

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tlemcen13

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Posté le : 04/04/2006 à 22:33 (Lu 21768 fois)
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ya les mahdad,sekkal,mansouri,chalabi,bouayed et abi-ayed,bibi triki,chtetah,boudalia,alachaher,klouche,mahdjoub,el-hassar,khadir...etc
chaque famille a tlemcen peut avoir plusieurs noms qui correspondent à des branches de la meme famille.
ex:bouchenak khelladi,bouchenak,boudalia sont tous des bouchenak.
il faut chercher les principales familles et les familles qui en decoulent.c'est un travail qui demande de la patience et j'ai toujours voulu le faire.ghouti cherif s'en est chargé a ma place ds le livre "larbre de tlemcen."
bonne continuation

Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1477]

boumedienne

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boumedienne

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Posté le : 05/04/2006 à 00:45 (Lu 21767 fois)
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c'est bouchnaki et non bouchnak

Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1478]

tlemcen13

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tlemcen13

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Posté le : 05/04/2006 à 11:28 (Lu 21765 fois)
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ya les bouchenak,les bouchenak khelladi,les bouchenaki,les boudalia.

Attention danger ! [1489]

nh2

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Posté le : 09/04/2006 à 20:16 (Lu 21751 fois)
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Je déteste le livre "l'arbre de Tlemcen". Je n'arrive pas à croire que certains en arrivent à le considérer comme une référence pour pouvoir faire une discrimination qui n'a aucun sens dans un pays musulman. Une tradition du Prophète salla Allah aalih wa sellem dit que n'entre pas au Paradis celui qui a ne serait-ce que le poids d'un atome de "kibr" (sentiment de supériorité) dans le coeur.
En établissant une telle liste, on risque de tomber dans un piège qui consiste à faire la différence (el farq) entre des gens qui sont tous musulmans... et l'Islam nous enseigne qu'il n'y a de différence entre les gens que par la Foi !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Discuter:Tlemcen
ces sentiments de "snobisme" ou "racisme" ne sont pas dignes d'un musulman.


Re: Attention danger ! [1490]

boumedienne

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boumedienne

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Posté le : 09/04/2006 à 20:44 (Lu 21746 fois)
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Citation : nh2
Je déteste le livre "l'arbre de Tlemcen". Je n'arrive pas à croire que certains en arrivent à le considérer comme une référence pour pouvoir faire une discrimination qui n'a aucun sens dans un pays musulman. Une tradition du Prophète salla Allah aalih wa sellem dit que n'entre pas au Paradis celui qui a ne serait-ce que le poids d'un atome de "kibr" (sentiment de supériorité) dans le coeur.
En établissant une telle liste, on risque de tomber dans un piège qui consiste à faire la différence (el farq) entre des gens qui sont tous musulmans... et l'Islam nous enseigne qu'il n'y a de différence entre les gens que par la Foi !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Discuter:Tlemcen
ces sentiments de "snobisme" ou "racisme" ne sont pas dignes d'un musulman.
je suis entierement d'accord!

Re: Attention danger ! [1492]

tlemcen13

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tlemcen13

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Posté le : 10/04/2006 à 21:59 (Lu 21736 fois)
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Citation : nh2
Je déteste le livre "l'arbre de Tlemcen". Je n'arrive pas à croire que certains en arrivent à le considérer comme une référence pour pouvoir faire une discrimination qui n'a aucun sens dans un pays musulman. Une tradition du Prophète salla Allah aalih wa sellem dit que n'entre pas au Paradis celui qui a ne serait-ce que le poids d'un atome de "kibr" (sentiment de supériorité) dans le coeur.
En établissant une telle liste, on risque de tomber dans un piège qui consiste à faire la différence (el farq) entre des gens qui sont tous musulmans... et l'Islam nous enseigne qu'il n'y a de différence entre les gens que par la Foi !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Discuter:Tlemcen
ces sentiments de "snobisme" ou "racisme" ne sont pas dignes d'un musulman.


tout depend des motivations des gens qui lisent ce livre.personellement,je suis jeune et j'ai toujours voulu en connaitre un peu plus sur ma famille et les liens de parentée et l'arbre de tlemcen m'a beaucoup aidé.c'est aussi une maniere de faire vivre le passé pour les generations à venir.j e ne dis pas ke ns sommes superieurs car on trouve le bon et le mauvais partout.
il est vrai que beaucoup se vantent d'etre tlemceniens alors qu'ils sans aucune raison et je trouve qu'ils ont tort.neamoins,les gens qui ne sont pas de tlemcen nous envient et veulent etre comme nous.nous n'avons qu'une seule chose à faire pour leur donner raison,avoir des conduites exemplaires.à ce moment la,nous aurons la tete haute et le merite d'avoir perpetué la traditions des anciens.
il ne faut pas juger les gens en tant que "masse" ou "lot" car chacun est unique.

Re: Mangez des pommes! [1495]

Arslane

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Mage
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Posté le : 11/04/2006 à 09:31 (Lu 21731 fois)
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Le prophète ( que le salut soit sur lui ) n'était pas contre la connaissance de ses ascendants ,il se réclamait lui même descendant de Sidna Brahim..
Il recommandait, de ne pas faire d'excès dans la lecture des arbres généalogiques.
Mais qu'importe, le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre ,à chacun ses vergers , les pommes et les hommes de Tlemcen sont sur des terres anciennes.


Re: Noms des grandes familles de Tlemcen [1499]

MAGICABDOU

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Posté le : 11/04/2006 à 13:18 (Lu 21725 fois)
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je suis en France depuis 36 ans, cependant, je suis né à Tlemcen. Tlemcen, comme toutes les autres villes d'Algérie n'échappe pas au différentes conquetes. Et je dirais, que Tlemcen, plus que d'autre ville à été, est, et sera une véritable charnière de peuples, de civilisations et de cultures. Alors, plutôt que de discuter des vrais ou des faux Tlemceniens ( car c'est bien de chauvinisme qu'il s'agit ), refléchissons à ce que Tlemcen doit devenir!!!!
Les aristocratates français sont aussi très amères d'avoir perdu leur privilège et leur titre. Mais y'a t'il une aristacratie Tlemceniènne? évidement non!!!
retrouvons la fraternité qui unissait tous les Algériens pendant la guerre de libération et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Au plaisir de vous lire pour un sujet moins stérile.
Abdelkader MEHDAOUI

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